MINILOGO

A. Abehsera - Claude Roumi et les Réflexes de Chapman

absehraA. Abehsera - Claude Roumi et les Réflexes de Chapman

Cela fait à peu près quinze années que je me torture les méninges sur la nécessité ou non d’appliquer tel traitement ostéopathique à tel moment sur telle personne. Je me suis expliqué ailleurs sur certaines des raisons de cet arrêt de travail que je me suis imposé. Quand j’ai suspendu mon activité de clinicien, autour de l’an 2000, j’avais acquis une bonne capacité de soulager les symptômes des patients. Je dis bien ‘soulager’ et non ‘guérir’, car je n’ose plus emprunter ce second verbe, qui me paraît bien lointain. Qui a déjà guéri qui dans ce monde ? Je ne sais pas trop. Par contre, l’humanité a développé bien des systèmes de soulagement pour nos maux, en attendant de mourir, patients
et thérapeutes confondus.

Qu’il s’agisse d’acupuncture, d’homéopathie, d’ostéopathie, ou de bien d’autres choses, on a nos recettes devant tel ou tel état. J’ai rejeté, en bloc, ce savoir qui, pourtant, m’avait rendu bien des services et suscité beaucoup de gratitude chez des patients en souffrance. Pourquoi avoir abandonné toutes ces pratiques qui ‘marchaient’ si bien et remplissaient ma salle d’attente ? Simplement parce que, menacé moi-même par la maladie, je me suis mis en tête, voici quinze années, de chercher une approche de la guérison et non plus du soulagement.

1975Un chemin très égoïste, un sauve-qui-peut devant la marée montante des maladies qui viennent avec l’âge, frapper non plus ces êtres extérieurs que sont nos patients, mais nous-même et en l’occurrence, moi. Un travail pour Don Quichotte, et je continue à lutter, depuis, contre moultes moulins à vent, dans l’espoir, qu’un jour, je pourrai partager enfin un enseignement et une pratique sur comment guérir et se guérir à l’aide de l’ostéopathie.
Cependant, et en attendant ce jour mythique, je me dois de rappeler que lors de mon exercice d’ostéopathe, j’avais - comme tous les praticiens, je suppose - une palette de techniques qui me plaisaient plus que d’autres. Et les Réflexes de Chapman font certainement partie de ces techniques. Dans bien des cas, j’avais pu me ‘débrouiller’ grâce à ce système de diagnostic/traitement simplissime. La communication de Claude Roumi m’a rappelé ce savoir et j’aimerai en dire quelques mots.

Yearbookivore

Après ma découverte de l’ostéopathie, dans sa version Littlejohn (cf.ci-dessus), je me suis mis à dévorer le contenu des Year Book de l’Académie Américaine
d’Ostéopathie. On y trouvait de tout, mais, rapidement, un des critères d’intérêt pour moi était la valeur ‘médicale’ des articles et des approches. Un
jour, dans les années 1974-1976, je trouve un article qui expose, en quelques pages, la quasi-intégralité
d’une approche intitulée ‘les Réflexes de Chapman’.
yearbook2J’ai été tout de suite attiré et intrigué puisque cette approche parlait de soigner des maladies de toutes sortes, et non plus que des lombagos, ce qui m’intéressait au plus haut point. L’auteur parlait de ‘thyroidite’, de ‘salpingite’, de ‘myocardite’ etc., autant de mots magiques qu’on n’avait pas l’occasion de rencontrer ailleurs. Je ne me souviens
plus des détails exacts de la suite.

endoctrine1J’ai traduit, en collaboration avec F. Burty, l’article du Year Book qui a été diffusé ensuite auprès des élèves de l’ESO et de là, ailleurs. Ce fut donc la première présentation
des Réflexes de Chapman en langue française, et le livre de Claude Roumi, en représente la plus récente.
J’étais, à l’époque de ces traductions, un fanatique de l’ostéopathie. Et ces Réflexes tombaient à pic. En effet, d’autres systèmes de réflexothérapies circulaient dans nos milieux, généraux comme ceux de Jarricot ou locaux comme la Réflexologie plantaire et auriculaire. Il y en avait beaucoup. J’étais donc fier comme Artaban que notre chère ostéopathie avait son propre système de réflexologie, forcément meilleur que les autres, et estampillé DO par l’auteur, un inconnu nommé Frank Chapman,
dont ce fut la seule oeuvre connue.

Un amateur de réflexes

Je n’ai suivi aucun enseignement formel sur cette méthode, puisqu’à l’époque, personne ne pratiquait ces Réflexes, ni en Europe, ni aux États Unis. Je me suis mis à les pratiquer, assez régulièrement, mais non systématiquement, au coup par coup.
J’ignorai totalement si je le faisais bien ou mal. Mais, rapidement, en termes de ‘soulagement’, j’ai trouvé cette méthode étonnante. Et je me suis mis à en parler autour de moi sans proposer quoique ce soit de structuré. Eh bien, l’occasion se
présente à moi dans ces colonnes, de me rappeler et de rappeler ce que peut apporter cette approche.
Quelques temps après mon initiation et ma première traduction, je découvris le ‘petit livre bleu’ écrit, non par l’auteur, mais par son beau-frère, Charles Owens.
C’était un peu plus de contenu que l’article, mais pas beaucoup. La méthode était présentée non comme une série de points qu’il fallait connaître pour ‘dépanner’ certains symptômes, mais comme une véritable approche complète, avec un protocole, un groupement de certains points qui permettait un traitement de plusieurs pathologies, en particulier dans le domaine endocrinien. Cette insistance sur les répercussions hormonales de ce traitement apparaît déjà dans le titre du livre, puisque qu’il s’intitule ‘An endocrine interpretation of Chapman’s Reflexes’, une ‘Interprétation endocrinienne des Réflexes de Chapman’. Toute personne qui lirait ce titre se poserait immédiatement la question : puisque ce livre présente une
interprétation endocrinienne, existe-t-il d’autres interprétations ? Apparemment non ! Et c’est là qu’on nage un peu dans l’inconnu. L’auteur, ou son beau-frère, nous
présente toute une série de points potentiellement douloureux/congestionnés qui, lorsqu’ils sont traités selon des séquences particulières, ont un effet sur notre système hormonal. Il présente également un protocole pour les états infectieux.
Finalement, vers la fin du texte, l’auteur conseille une technique, à la résonnance naturopathique, qu’il appelle la ‘fomentation du foie’, où s’associe une compresse et une diète particulières. Je n’ai jamais eu la patience de faire l’un ou l’autre de ces protocoles, infectieux ou endocrinien, ni la fomentation en question.

Claude Roumi, dans sa présentation, n’a fait, lui aussi, que présenter sa traduction du texte original, sans préciser la valeur clinique de ce système de réflexologie. Sur quoi cela agit-il ?
Les groupements de réflexes, et le protocole de traitement de F. Chapman sont-ils utiles dans le traitement de maladies hormonales ou infectieuses ? Claude Roumi ne nous a pas donné de réponse en dehors du fait qu’il souhaite enseigner cette matière en séminaire privé. Nous attendons donc de savoir mieux sur son expérience clinique.


Je n’ai donc pas d’éducation formelle dans les Réflexes de Chapman. Ni formelle, ni légitime d’ailleurs, puisqu’il n’y avait personne pour les enseigner. Je les ai appris par coeur. Ce qui n’est pas difficile puisqu’ils ne sont pas très nombreux. Et
je les ai utilisés au coup par coup, essentiellement comme une technique de dépannage dans des états viscéraux où je ne savais pas trop quoi faire d’autre.

De l’énergie musculaire aux Réflexes de Chapman

Quelques petites notions biographiques seraient judicieuses ici. Frank Chapman est un inconnu quasi-total. Claude Roumi affirme qu’il a été étudiant de Still et aurait décrit au ‘patron’ son approche. Ce serait merveilleux, car j’aime la continuité historique. Mais son oeuvre aurait été totalement oubliée si ce n’était l’intervention d’un homme, connu dans la profession américaine, Fred L Mitchell Sr.
Un homme que je n’ai pas connu, il était décédé quand je fis mon premier voyage aux USA en 1974, mais dont j’ai bien connu le fils, Fred Mitchell Jr, qui travaillait à l’époque à l’Université du Michigan avec John Upledger. J’avais connu ces deux
praticiens à l’occasion d’un stage de crânien conduit par Viola Frymann pour les étudiants de la Michigan State University à East Lansing. Nous étions alors victimes de la part des ostéopathes crâniens américains qui avaient leur propre contact en Europe, et refusaient d’ouvrir leur enseignement aux Maidstoniens. Pendant mon séjour à l’Université, l’une de mes découvertes fut la méthode d’Énergie Musculaire de Fred Mitchell Sr. Je crois avoir calculé que j’ai vu 39 heures de vidéos où l’on voit le père et/ou le fils Mitchell exposer cette méthode. Fred accepta plus tard de venir en France et en Belgique enseigner la ‘Muscle Energy Technique’.

Quelques temps après ces événements, me voilà, un jour dans un train, avec Fred Mitchell, avec qui j’avais beaucoup sympathisé, et je lui pose la question sur les Réflexes de Chapman. Son père n’avait-il pas écrit l’introduction au maigre petit livre bleu, disant que cette méthode était très intéressante ? Grâce à cette recommandation, venue d’un praticien contemporain connu, la méthode n’a-t-elle pas survécu ? Le père Mitchell pratiquait-il cette réflexologie en clientèle ?

Soigner une néphrite en deux temps trois réflexes

Je pose donc ces questions à Fred Mitchell Jr et il me raconte cette histoire assez étonnante qui ne fit qu’encourager mon intérêt. Cela se passe il y a quarante années, et je ne crois pas pouvoir rapporter tous les détails. Fred Mitchell Jr était tout jeune (entre 3 et 5 ans ? Peut-être plus jeune ?). Fils d’un ostéopathe illustre, qui avait développé une technique ostéopathique très sophistiquée que toutes nos écoles enseignent de nos jours. Un jour, il développa une maladie rénale, une néphrite, et je crois me souvenir, plus précisément une pyélonéphrite. Nous sommes dans les années 50 et les antibiotiques ne courent pas les rues, voire n’existent pas à la portée de tous. Une néphrite chez un enfant, avec fièvre et rétention
urinaire, c’est une véritable catastrophe. Le pronostic sent très mauvais… On imagine la situation du Dr Fred Mitchell Sr, ostéopathe connu, auteur d’une méthode qui ne lui sert à rien dans le cas précis de son enfant. Ou s’il avait pu l’utiliser sur un autre, sur son fils, il était évident qu’il ne pouvait rien en tirer. Allez penser qu’un rééquilibrage du sacrum en torsion gauche sur gauche va rétablir la fonction rénale relève de l’irresponsabilité ou nécessite la motivation la plus folle, et cette dernière, on ne l’a pas quand on traite son enfant.
Donc Papa Mitchell ne dispose pas de traitement pour Mitchell Fils. Fred Mitchell Jr me dit alors que le père appelle Charles Owens, le beau-frère de Chapman, l’inventeur, et que celui-ci traite l’enfant à l’aide des réflexes en question et
probablement de la fameuse ‘fomentation du foie’. En quelques heures, me dit le fils, le tableau clinique change. D’abord, par le rétablissement de la miction. Puis la fièvre qui baisse. Et l’enfant est sauvé.
J’ai beaucoup aimé cette histoire, car elle a tout du beau cas clinique en ostéopathie. En plus, elle concerne trois ostéopathes : le praticien, le père, et l’enfant (en devenir, bien entendu !). On parle d’un état pathologique sérieux, au diagnostic connu, et où le pronostic vital est très engagé. Le traitement, très simple, minimaliste (mes traitements préférés !) réussit.
Et j’avais devant moi le résultat puisque me voilà parlant avec l’enfant en question cinquante années ou plus, plus tard, montrant qu’il n’y avait eu ni rechute, ni séquelles évidentes, ni effets secondaires.
Cette histoire n’a fait que redoubler mon intérêt pour ces réflexes.

Quelques énigmes ostéopathiques

Mais qui est donc ce F. Chapman ? Claude Roumi semble avoir des éléments biographiques que je ne connais pas et nous serions heureux qu’il nous en informe. Ce personnage est mort très jeune, laissant à sa veuve – je crois, ostéopathe, elle-même - le travail que nous pouvons lire aujourd’hui. Le beau-frère, Charles Owens, ostéopathe aussi, reprendra le manuscrit pour le diffuser, et semble-t-il, lui donne ce titre curieux : une interprétation endocrinienne des Réflexes
de Chapman. Ce qui signifie que le manuscrit était plus général et que lui, en a donné une interprétation particulière ? Que viennent faire les hormones ici ? Je l’ignore. Autres détails curieux. Les points réflexes se présentent comme une série
antérieure et une série postérieure. Les points antérieurs sont considérés comme plus ‘importants’ et, le plus souvent, sont assez clairement distincts les uns des autres, alors que les points postérieurs sont souvent trop rapprochés pour qu’on
puisse vraiment les distinguer. À quoi correspond cette prééminence de l’avant sur l’arrière ? C’est d’autant plus intéressant que l’ostéopathie est une thérapie globalement plus préoccupée de l’arrière que de l’avant, puisqu’on passe le plus clair de notre temps à tester la mobilité puis manipuler les structures postérieures, en particulier les vertèbres. À l’époque, le ‘viscéral’ était quasi-inexistant, et les Réflexes de Chapman, non seulement traitent des maladies générales (et donc, dites ‘viscérales’), mais aussi se situent à l’avant, précisément là où on peut sentir les viscères.

Finalement, la cartographie des Réflexes s’arrête aux genoux, pour les membres inférieurs, et à l’épaule pour les membres supérieurs. On en trouve sur le thorax, l’abdomen, le bassin pour l’avant, tout le long de la colonne pour l’arrière, avec quelques points le long des cuisses, et quelques-uns à la tête de l’humérus. Cela réalise une carte sans bras et sans jambes.
Pourquoi ? La réflexologie plantaire ou des mains trouvent bien des connections avec les viscères… Mais pas dans ce système. J’ai entendu dire, mais je ne me souviens plus par qui ni où, que Frank Chapman étant mort très jeune, n’a pu continuer le développement de son système. Il se serait arrêté à un moment, ne rajoutant plus de réflexes. Ce qui signifie que c’est un système qu’il faudrait compléter ? Ou bien, chose encore plus curieuse, que ces Réflexes s’arrêtent vraiment là où l’auteur les a arrêtés ? Au futur de parler.

Un diagnostic différentiel précis

Ces précisions historiques faites, je reprends le fil de mon histoire avec ces Réflexes. Les lecteurs, pour mieux comprendre la suite, devraient prendre connaissance de l’ensemble de ces réflexes et des indications de l’auteur. Le livre de
Claude Roumi les présente très bellement, mais pour une initiation, l’article que j’ai traduit suffit.
Je distinguerai deux valeurs principales, l’une thérapeutique et l’autre diagnostique. Sur le plan thérapeutique, ces réflexes donnent des points d’intervention dans des états aigus. Je pense, par exemple, aux réflexes de la zone gynécologique. Je trouvai, par exemple, que les points agissant sur la ‘leucorrhée’ et autres points gynéco, avaient un effet souverain pour atténuer voire arrêter les douleurs de la dysménorrhée. Dans les coliques gazeuses, le point de la ‘distension abdominale’ pouvait, également, arrêter une crise de colique. Il en va de même pour les points sur le thorax, très utile dans les bronchites et crises d’asthme.
L’énumération serait fastidieuse et le lecteur pourra reprendre les points un par un, et les essayer.

Sur le plan diagnostique, j’ai trouvé l’intérêt assez fabuleux. Je me rappelle de deux cas, en particulier, qui m’ont fait apprécier cette réflexologie. Deux jeunes femmes avec une douleur abdominale basse sans précision. Les points antérieurs
de Chapman incluent ceux de l’ovaire, de l’utérus et des trompes de Fallope. Ils sont éloignés les uns des autres, et on ne peut les confondre. Or je me souviens que par deux fois, j’ai pu évoquer le diagnostic de grossesse extra-utérine, en sentant que le point de la trompe était bien plus douloureux que celui de l’ovaire. Quelle ne fut pas ma fierté, en tant qu’externe en médecine, de dire au chef de clinique que la douleur de la patiente me paraissait être une GEU, confirmée ensuite par l’échographie.

Le silence des tumeurs ?

J’ai donc beaucoup joué, sans être méthodique, avec ces points réflexes, et j’encourage les autres à se pencher sur eux. Deux autres précisions me viennent à l’esprit. J’étais en stage dans un service de pneumologie et plus tard d’oncologie (en
fait, je ne suis plus sûr du tout, des circonstances exactes). Ce dont je me souviens, c’est que je me mis en tête d’essayer les réflexes de Chapman sur les patients hospitalisés, atteints de problèmes pulmonaires infectieux et tumoraux (ou les deux, comme c’est souvent le cas). Je me baladais dans le service, et à la sauvette, j’accomplissais mon petit ‘bilan Chapman’ sur les points thoraciques. J’avais noté les résultats sur un petit carnet, perdu depuis. Ce dont je me souviens m’avait étonné. Les patients atteints de maladies pulmonaires infectieuses avaient des réflexes très actifs. L’appui pouvait être très sensible. Ceux qui avaient des tumeurs, par contre, avaient des réflexes éteints !!
Même en cas de surinfection pulmonaire… Et alors que leurs poumons avaient l’air ‘détruits’. J’ai trouvé cela tout à fait étonnant, mais ça allait bien avec ce qu’on nous avait enseigné en oncologie à l’époque : les cellules tumorales se masquent de couches moléculaires épaisses, qui les cachent au système immunitaire. Elles ne sont pas reconnues comme ennemies derrière leur gangue de polysaccharides perçus comme ‘amis’ par notre système immunitaire.
Je ne prétends rien de scientifique avec cette mini-observation clinique, mais c’est quelque chose que je propose de vérifier à la communauté des praticiens.

La question se pose ainsi :
Est-ce que devant une pathologie organique évidente, on doit penser à un processus tumoral lorsque les Réflexes de Chapman sont inactifs ?
Peut-être que non, peut être que oui, peut être que dans certains cas seulement. En tous les cas, ces réflexes méritent de rentrer dans notre kit ‘Diagnostic Différentiel’.

Écoutez donc ce qu’il a à dire !

Quelques mots à présent sur ma manière de traiter ces zones réflexes. Dans le livre, l’auteur conseille de ‘poncer’ les points par un mouvement circulaire et qu’après un certain temps de ce ponçage, la douleur diminue, voire disparaît, marquant la possibilité d’arrêter et passer à d’autres réflexes. J’avoue modestement que je ne voyais pas trop comment cela marchait. Vingt secondes de ponçage, comme il était indiqué, tendait plus à irriter les tissus qu’autre chose.
Peut-être que je n’ai pas bien compris comment. Mais cela importait peu pour moi, à l’époque, puisque j’avais été exposé aux écrits de Rollin Becker, et j’avais adopté comme manipulation universelle sa méthode (1) : l’écoute des tissus. Je mettais donc un ou deux doigts sur la zone réflexe, évoquais la douleur chez le patient, puis faisait un peu « d’écoute » locale, jusqu’à ce que les tissus se détendent et soient moins douloureux. Ça marchait bien, en gros. Je pouvais suivre cela par un peu de ‘ponçage’ doux, pour ‘drainer’ la congestion lymphatique supposée sévir dans ces points. Voilà le compte-rendu un peu chaotique de mon expérience des Réflexes de Chapman, une technique simple, intéressante que tout
ostéopathe devrait connaître. Je souhaite qu’elle fasse l’objet d’un débat plus large dans notre profession, que des étudiants d’ostéopathie en fasse leur sujet de mémoire, tant sur le plan théorique que pratique. Nous attendons également avec intérêt que Mr Roumi nous fasse part de son expérience clinique puisqu’au cours de sa conférence, il nous a affirmé qu’il avait fait de ces points, une partie très importante de son approche de praticien.

Note
1. Plus précisément, ce que j’avais compris de sa méthode, puisque tant au cours de mes échanges épistolaires que lors de mon entrevue avec R. Becker, j’eus droit à un savon, pour incompréhension de ses écrits. J’avais souhaité le remercier, de tout coeur, de m’avoir fait découvrir ce qui ne m’a pas lâché depuis, la capacité d’écouter ce que les tissus ont à dire. Ah ! Les incompréhensions entre les Maîtres et leurs élèves !!

FaLang translation system by Faboba