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Les centres-réflexes de Chapman


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Toutes les recherches et expériences qu’il accumule depuis les années 80, ainsi que son propre travail intérieur, l’ont amené à mieux comprendre l’ostéopathie, et qui était Andrew Taylor Still. Dans son livre « Philosophie et principes mécaniques de l'ostéopathie », le fondateur affirme que le système lymphatique est total et universel dans tout le corps et que lorsque nous nous adressons au lymphatiques, nous touchons à la source de la vie et de la mort. Or, les lymphatiques ont fait l’objet de peu d’attention dans notre profession, hormis pour un auteur, Frank Chapman, mort jeune, mais qui avait eu le temps de rédiger un manuscrit sur ses travaux. Fort des affirmations de Still sur l’importance de cette partie du système circulatoire, il était évident que ce travail devait se poursuivre. Les recherches de Frank Chapman furent
édités après sa mort par son beau-frère, Charles Owens D.O., en 1930, pour être largement oubliés par la profession ensuite.
livre1L’Académie Américaine d’Ostéopathie réédita le livre de Chapman/Owens, avec une préface de Fred L Mitchell Sr, ce qui contribua à le remettre à l’honneur. Un article des Year Book de l’Académie Américaine d’Ostéopathie reprit
l’ensemble des réflexes ainsi que la partie principale du texte. Cet article fut traduit par Alain Abehsera et Françoise Burty, avec l’autorisation de l’Académie, chose rare à l’époque, et mis à la disposition des étudiants de l’ESO (Maidstone) à la fin des années 70, faisant ainsi connaître les travaux de Chapman en France. La graphie des réflexes était cependant très pauvre dans cette reproduction.

Aujourd'hui, Claude Roumi en a fait une édition française, Interprétation endocrinienne des Centres-Réflexes de Chapman, traduit de l’anglais original et annoté par ses soins. Un
travail graphique important a été réalisé pour rendre plus lisible la situation des points réflexes, assez obscure souvent dans la version originale. À travers ce recueil de
techniques efficaces, Mr Roumi a voulu remettre à l’honneur les travaux de Frank Chapman, souvent oublié au profit des autres élèves de Still, tel que Sutherland.
Still aurait demandé, lui-même, à Frank Chapman de s'intéresser et d'approfondir sa réflexion sur le système lymphatique.
Durant plus de 10 ans, Chapman s’attellera à la tâche, archivant ses données cliniques. Assidu et déterminé, il réussit à constituer une cartographie de points réflexes, qui apparaissent, sous la peau, comme des ‘zones ganglionnaires’.
Grâce à la palpation, il répertoria des endroits « congestionnés » sur le corps, en lien avec le système lymphatique. Sa technique consistait en un massage local,
afin d’améliorer le drainage, et conduire aux effets positifs qu’il put observer dans nombre de pathologies. Chose complexe, il put corréler chaque point à un viscère ou
une fonction viscérale. Supposant que cette corrélation était reliée, au moins en partie, par le système nerveux, il appela ses points des ‘réflexes neurolymphatiques’.
Nous disons, de nos jours, également, les « points de Chapman ».
champannCes points ont une valeur tant diagnostique que thérapeutique. Ils permettraient, selon l’auteur, de travailler sur le système immunitaire. Cette technique n’est pas une
panacée mais elle s’ajoute à nos outils diagnostiques et nous permet une approche thérapeutique respectueuse de la volonté de Still que les fluides devaient être libres
de circuler. Notre devoir est d'ôter les obstructions sur le chemin de la circulation, et ainsi décongestionner les tissus. On sait que le système lymphatique a, parmi ses
rôles, celui d’évacuer les macromolécules qui ne peuvent passer dans le système de retour veineux périphérique. Ces molécules passent par les ganglions lymphatiques où elles peuvent être phagocytées et donc, éliminées. Pour reprendre un terme cher aux auteurs du siècle dernier, parmi ces macromolécules, on compterait des
‘toxines’. En travaillant sur la libre circulation des voies et ganglions lymphatiques, on assurerait ainsi une meilleure élimination de ces ‘toxines’. C’est là un vocabulaire typique de la naturopathie du siècle dernier, mais, qui sait ? ces mots recouvrent peut être des réalités physiopathologiques que nous arriverons à mieux décrypter.
Claude Roumi nous annonce ensuite qu'il ne va pas entrer dans le détail des descriptions des techniques puisqu'elles sont dans le livre. De plus comment faire pour apprendre une technique, si ce n’est en la pratiquant, chose qui ne peut être envisagée au cours de cette conférence ? Ce pourquoi il propose une formation.

Son chemin vers la liberté

Après avoir très brièvement parlé des points de Chapman, et nous laissant quelque peu sur notre faim, Mr Roumi nous expose son nouveau travail. Il part du principe que mieux comprendre la pensée et la philosophie de Still, nous fera toujours progresser dans notre pratique de l'ostéopathie. Son futur ouvrage s’intitulera Lumière sur l’ostéopathie et sa philosophie, un texte qui aura pour but de replacer le contexte dans lequel est née cette médecine, afin de mieux la comprendre.
Il nous fait part de sa volonté de transmettre les réflexions qui ont jalonné ses années d’expérience. Sur une feuille de papier, il écrit le mot OSTÉOPATHIE, puis le mot OSTEOPATHY. Il regarde la salle et demande si nous réalisons bien la différence :
« En français, on écrit ostéopathie et en anglais osteopathy ! »
Le Y serait le chemin que prend la voie de l’initié. Si on extrapole, l’ostéopathe est celui qui prend la voie de l’osteon (la plus petite unité cellulaire appartenant à la corticale de l’os).
Cette partie la plus enfouie du corps serait perturbée par des forces hostiles telles que l'hypocrisie ou le double langage, entre ce que nous vivons et ce que nous pensons. L’ostéopathie est le chemin qui nous mène vers la vérité intérieure, au sens physiologique du terme. Nos fonctions, ainsi, ne seraient efficaces que dans un contexte de vérité générale. En lisant Still, on comprendra mieux cette affirmation. Il parle du MIND, le mental, cette porte d'entrée de la pensée négative qui va perturber l'osteon dans sa fonction de communication entre l’intérieur et l’extérieur de la moelle et qui, à terme, ne pourra pas libérer ses cellules souches.
Voilà 10 ans que Claude Roumi a trouvé en lui, nous dit-il, le chemin lui permettant de se libérer progressivement de ses angoisses, de son stress et de ses toxines.
L’ostéopathie n’est pas qu’un travail sur l’autre, c’est aussi un travail sur soi. Pour Mr Roumi c'est une révélation, le chemin vers la vérité passe par l'arrivée de l'amour dans le corps.
Faire passer en avant cet amour pour le corps, tel serait une des autres clés que Still nous aurait laissé.

Zone d’échanges

Le scepticisme de la salle ainsi que le manque de données sur les points de Chapman déclenche une avalanche de questions.
- Quelles ont été ses sources pour la réédition des points de Chapman ? A-t-il simplement traduit le texte original ?
Non, il a retiré un passage qu’il ne trouvait pas pertinent, il a fait appel à des ostéopathes américains ainsi que des traductrices pour certains points de son livre afin de réactualiser le livre de Owens, pour le rendre plus abordable tout en
respectant le texte initial.
Devant le peu d’informations cliniques livrées pendant la conférence, une participante s’interroge sur la mise en pratique de la méthode de Chapman.
Il nous montre alors une cartographie des points, en soulignant qu’il existe des points antérieurs et postérieurs. La présence d'une induration dans les zones figurées sur la carte indiquait, pour Chapman, toujours la même dysfonction, et après un traitement de 15 à 20 secondes, par frictions circulaires, le soulagement est constant.
- Quelles caractéristiques ont ces points ?
Les indurations peuvent avoir la taille d’un grain ou d’un noyau d’olive. Elles sont situées dans le tissu conjonctif sous-cutané, et sont sensibles à la palpation. Ces petites formations conjonctives possèdent un intérêt diagnostique important.
Comme si « quelqu'un » avait placé à la surface du corps (ou dans sa profondeur), à porté de main, des clefs thérapeutiques qui ne demandent qu'à être utilisées.
- Existe-t-il un protocole de traitement ?
Le traitement s'effectue en ponçant de manière circulaire une « vingtaine de secondes » chaque point, pour ne plus y toucher ensuite. Il s'agit d'envoyer un message au système nerveux autonome, qui aurait pour fonction de libérer la
zone traitée, et ainsi rétablir la circulation interstitielle, lymphatique et hormonale.
Il faut traiter tous les points indurés que l’on trouve.
Claude Roumi fait le rapprochement avec les points d'acupuncture, réputés être des carrefours, des points de convergences entre artères, veines et méridiens. Chacune des approches thérapeutiques à notre disposition apporte des résultats pertinents mais la question qu’il soulève pour conclure est :
« Vous êtes vous déjà posé la question sur la raison de votre choix de devenir ostéopathe? Posez vous la question car la réponse est en vous ! »

c roumiClaude ROUMI, diplômé de l’École Européenne d’Ostéopathie en 1984, pratique l’ostéopathie depuis cette époque. Depuis 10 ans, il a intégré les centres-réflexes de Frank Chapman dans sa pratique quotidienne avec des résultats très surprenants.
Grâce à l’enseignement délivré aux étudiants et aux formations pour les ostéopathes, il a pu réactualiser le texte original et rendre les schémas plus explicites pour une meilleure compréhension et une meilleure utilisation par les ostéopathes.

 

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